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Qu’est-ce qu’une synchronicité ? Un terme certes de plus en plus en usage surtout dans les milieux ésotériques et spirituels. Je ne le vois pas comme un terme « savant » et en tous cas, je n’aime pas user de mots qui mettent de la poudre aux yeux ou qui enfument les gens… Même mon ordinateur le souligne en rouge, c’est pour dire. Pour autant, le mot « synchronicité » est celui que je trouve le plus juste et le plus approprié pour expliquer la création/découverte des harmoniques.

Qu’est-ce donc au juste ? Pour faire bref, je dirai que c’est « une coïncidence qui a du sens ».

Mais aller un plus en profondeur, voici ce que l’on peut en dire :

Dans la psychologie analytique développée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, la synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Cette notion s’articule avec d’autres notions de la psychologie jungienne, comme ceux d’archétype et d’inconscient collectif. (wikipédia)

 


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Carl Gustav JUNG

 

J’ai repéré un grand nombre de synchronicités bien avant de développer les harmoniques à partir de 2004. Voici la première « grande synchronicité » qui a eu lieu en 2001 mais, j’en suis convaincu, m’a orienté vers la suite.

 

 

 

La Synchronicité de Nietzsche

 

Nous savons tous ce qu’est la pensée ; nous avons tous des pensées. Nous connaissons tous ces petits dialogues imaginaires entre nous-mêmes et notre double, qui nous répond. Nous ne nous en rendons même pas compte ! Nous le faisons constamment.


Oui : nous imaginons tous un double qui joue aux jeux des questions-réponses avec nous dans notre tête. Mais de là à croire qu’il s’agit vraiment de quelqu’un d’autre… Qu’est-ce que cela peut apporter ? Peut-être un peu plus de facilité à le croire, à l’écouter. On a souvent besoin de l’approbation d’un regard extérieur pour confirmer ce qui vient de notre être intérieur, on aurait tendance à écouter plus facilement quelqu’un d’autre que soi-même ! Donc, après tout, pourquoi ce « quelqu’un d’autre » ne serait pas à l’intérieur de nous-mêmes ?

Le jour où j’ai vraiment voulu obtenir une réponse de cette voix intérieure, de ce « double », j’étais en pleine remise en question. Je dirais même que je me posais des questions existentielles. J’étais balloté entre plusieurs questionnements : je désirais être artiste peintre. Je désirais aussi être auteur de science-fiction : je travaillais depuis plusieurs années à l’écriture d’une longue saga. Je voulais pratiquer l’astrologie à titre professionnel. Je voulais dessiner, créer. Mais je voulais aussi gagner ma vie. Le seul emploi qui ne s’éloignait pas trop de mes préoccupations artistiques était l’enseignement des arts plastiques en collège. J’étais donc parvenu à décrocher quelques postes de remplacement, ici et là, depuis octobre 2000, à l’âge de 26 ans. Cet emploi de maître auxiliaire- autrement dit de remplaçant- m’apportait au moins la satisfaction de travailler dans une branche artistique. Mais c’était précaire ; parvenu à la fin de mon premier remplacement longue durée, au mois de juin 2001, la question qui se posait était : que vais-je faire à la rentrée ? Et si je ne trouve pas de remplacement ? Comment développer ma créativité au point d’en vivre ? Comment faire pour parvenir à terminer ma grande saga de science-fiction ? Comment cesser d’être dispersé, sur quelle activité me concentrer ? Trop de questions pour en arriver à celle-ci, cruciale :

Que vais-je devenir ?

Bien décidé à obtenir une réponse, je m’en suis remis à l’Univers. Je me suis dit qu’en sortant de chez moi, je lancerais ma question comme une bouteille à la mer et recevrais la réponse comme par magie, puisque l’Univers nous entend et nous répond. Il me répondrait par un signe, avec une chanson qui passerait dans un bar et dont les paroles ne laisseraient aucun doute ou en faisant passer devant moi une publicité placardée sur un bus, dont le slogan serait la réponse… ou encore autre chose, qui sait. Et c’est là qu’est intervenu ma Voix Intérieure, la voix du génie intérieur, de l’ange gardien, du Double, ce fameux double imaginaire avec lequel tout un chacun peut converser. Je me suis dit avant de sortir que, le meilleur moyen de laisser parler le Double, c’était de ne pas réfléchir aux réponses ; ne pas répondre par soi-même, avec son propre mental mais laisser venir dans sa tête une réponse à laquelle on n’aurait pas songé soi-même. C’est un exercice mental qui semble assez ardu, il faut bien le dire, pourtant il est simple. Il suffit de laisser venir une réponse comme si elle venait de quelqu’un d’autre. J’ai donc demandé à mon Double :
- Comment puis-je avoir une réponse ? L’Univers va-t-il me répondre ?
Et voici ce que mon Double a commencé à me dire :

 

Va en ville. Marche et regarde. Tu auras ta réponse, une réponse claire et sans équivoque. Elle viendra du monde extérieur.

 

Etrangement, je suis parti en direction du centre-ville avec la certitude que mon Double m’avait réellement répondu et qu’au retour de cette balade j’aurais ma réponse à la question « que vais-je devenir ? ». A l’affût, je descendais tranquillement les rues qui mènent au centre pendant environ une demi-heure ; mais rien de particulier ne vint frapper mon esprit. Je traînais en longueur, devant les boutiques, les librairies, le cinéma, la Place Jean Jaurès… je regardais les gens, les voitures, les vitrines, tout ce qui pouvait porter une inscription, les panneaux publicitaires bien sûr. Mais rien. Je repose alors la question avec insistance : que vais-je devenir ? Que vais-je devenir ? Je dus me rendre à l’évidence et espérer que la réponse de l’Univers surviendrait lors du voyage retour ; je remontais donc chez moi, toujours attentif. Plus je me rapprochais de mon habitation, plus je désespérais ; quand soudain, mon Double s’adressa à moi, alors qu’il me restait une centaine de mètres avant d’arriver. Il me dit :

Ta réponse approche. Observe bien. Observe le t-shirt de l’adolescent qui avance au loin, de l’autre côté de l’avenue.

J’avais aperçu deux personnes qui avançaient vers moi, sur l’autre trottoir : un adulte et un adolescent avec un T-shirt qui contenait des inscriptions. J’étais trop loin pour lire le T-shirt mais, comme mon Double avait attiré mon attention sur cet adolescent, je décidais de traverser l’avenue pour me trouver sur le même trottoir qu’eux et discrètement, pour tenter une lecture de ce qu’il y avait sur le torse du jeune homme. L’air de rien, j’avançais donc à mesure que les deux passants marchaient vers moi.

La réponse est sur le T-shirt. Tu dois lire !

Je faisais mon possible pour être discret afin de ne pas incommoder ces inconnus ; même si les inscriptions qui décorent les vêtements sont faites pour être lues, cela peut paraître déplacé dans ce contexte. Et je fus stupéfait de pouvoir lire ceci sur le vêtement quand ils furent suffisamment près de moi :

« Deviens ce que tu es.
F. Nietzsche. »

Je crus à un rêve. Il fallut que je fasse un gros effort pour ne pas me retourner et ne pas m’approcher de l’inscription afin de la relire pour être sûr de ce que j’avais lu : à la question « que vais-je devenir ? », l’Univers me répond, moins d’une heure après : « deviens ce que tu es ». Ce moment fut bouleversant et me perturba pour des années. Dès ce jour de juin 2001, je me mis à écouter mon Double avec une grande attention. Je me mis à dialoguer avec lui, le plus souvent possible et j’admets qu’il n’a pas toujours été évident de lui laisser la place en mon esprit. L’exercice de l’écoute n’est décidément pas simple.

 


Ainsi, j’abritais un tant soit peu, dans ma tête, un double de moi-même ou peut-être quelqu’un d’autre qui (pour peu que je parvienne à faire taire mon mental et ses élucubrations) arrivait à me donner des réponses à mes questionnements.

 

En rentrant chez moi, après avoir lu l’inscription « deviens ce que tu es », je m’assis sur mon canapé et pris un stylo et mon cahier consacré aux expériences mystiques. Je m’apprêtai à raconter l’anecdote par écrit. Quand soudain… Ma voix intérieure, mon « Double », se fraya de nouveau un chemin dans mes neurones et frappa à la porte de mon esprit, comme s’il désirait rentrer chez moi, cette fois-ci. "Il" commença à me dire :

 

 

- Bonjour Angelo. Tout va bien ?

 


- Bonjour. Hé bien, comment dire… je suis un peu bouleversé. Bouleversé et encore plus perdu qu’avant de sortir de chez moi, maintenant que j’ai eu ma réponse.

- Te rends-tu compte que la réponse « deviens ce que tu es » te ramène à une autre question?


- Oui, … en fait, ça ne me répond pas tant que ça. Car je ne sais toujours pas « ce que je suis ». Comment pourrais-je le devenir ?

 

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- Le problème n’est pas là. Il n’est pas tant question de savoir « ce que tu es » que de comprendre pourquoi l’Univers t’a répondu cela. D’ailleurs, Il n’a pas tout à fait répondu à « que vais-je devenir »… L’Univers n’a pas répondu à ta question mais à une autre question, bien plus importante. Il a rectifié le tir.


- Je ne te suis pas… pourquoi l’Univers m’aurait apporté une réponse pourtant proche de ce que je demandais, sans vraiment m’y répondre ?

- Parce que l’Univers sait mieux que toi quelles sont les questions à poser ; l’Univers a reformulé le problème et a répondu à la bonne question. La question n’est donc pas « Que vais-je devenir ? », mais… plutôt : « que dois-je faire ? ». Et à cela Il répond : « tu dois devenir ce que tu es ». C’est cela la vraie question. « Que dois-je faire ». C’est peut-être même la seule vraie question que l’on devrait se poser.


- « Que dois-je faire »…

- Oui, Angelo, en demandant « que vais-je devenir », tu te trompes de question. Tu t’en remets à l’Univers pour qu’il te dise ce que tu vas devenir, comme si cela ne dépendait pas de toi. En faisant cela, tu oublies l’un des plus merveilleux cadeaux que l’Univers puisse nous faire à nous tous : le libre-arbitre. Alors, n’oublie jamais cela : c’est toi qui tiens les commandes. C’est toi le patron. C’est peut-être le premier enseignement que tu aies à retenir. Dans ta vie, ce que tu vas devenir, c’est à toi seul d’en décider. Et l’Univers te suivra, c’est lui qui t’obéit et non l’inverse.

 

 Sur ce, je vous laisse méditer à tout ça... avec une petite chanson de Police intitulée... Oooh mais quel hasard! "Synchronicity 2".

Une chanson qui a bercé ma jeunesse!

 

The Police - Synchronicity II