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Tous les animaux sont des messagers ; les dauphins autant que les autres.

Je suis allé à la rencontre des dauphins en liberté dans la Baie de Sataya, un séjour qui a commencé le 21 juillet.

Je veux vous faire part du message que j’ai ressenti lors de ce séjour en Egypte…

Nous avons commencé le séjour à Gizeh, ou de nombreuses sensations nous ont submergés. L’événement le plus marquant de ce passage devant les pyramides pour moi aura été celui-ci : la rencontre avec Hassan, marchand de papyrus devant le site des pyramides. Celui-ci m’a dit qu’il avait un message pour moi  - sans me connaître ni me questionner - et m’a dit en anglais : « Find your heart », ce qui veut dire : « trouve ton cœur ».

Le lendemain je suis retourné le voir et lui ai dit : « J’ai entendu ce que vous m’avez dit hier », ce à quoi il a répondu : « Not hear it. Feel it » ce qui veut dire : « Ne l’entends pas, ressens-le. »

J’ai donc décidé de ne pas « entendre » le message des dauphins, mais de le « ressentir ». La suite du voyage se passe bien plus au Sud, dans la Haute-Egypte. Dès le premier jour de sortie en mer, les dauphins viennent à notre rencontre, ce qui me surprend et me réjouis. Ils passent très près de nous, tournent un peu sur eux-mêmes et repartent. Lors de la seconde sortie, ils sont venus près du zodiac faire quelques plongeons en le suivant mais ne se sont pas arrêtés ; le moniteur a précisé qu’ils ne se sentaient pas rassurés à cause de la nouvelle configuration des bouées décidée par les autorités maritimes. Et c’était pourquoi ils ne s’arrêtaient pas pour jouer. Nous n’avons donc pas plongé. A la troisième sortie, nous les avons encore vus de près et c’est là que j’ai compris le message :

J’ai remarqué qu’ils faisaient des cercles autour du bateau gonflable à moteur, et qu’ils se déplaçaient en groupe dans une très belle harmonie. Ils étaient huit.

La première idée du nageur lambda est de les suivre de manière un peu frénétique : on ne voit pas ça tous les jours, on a vraiment envie d’être près d’eux. On a tendance à nager vite pour ne pas en perdre une miette mais les dauphins se déplacent avec une vitesse inouïe : s’ils veulent nous semer, c’est réglé en un quart de seconde.

Alors, je décide de rester à la surface de l’eau, les bras étendus, les jambes à peines mobiles, le visage rivé aux fonds marins vides. Je respire calmement dans mon tuba. C’est un moment d’une douceur infinie, relaxant, un moment de flottement qui repose l’esprit et le corps. L’eau est très chaude, cela s’apparente à une méditation dans ce bleu profond. Je jette un coup d’œil à gauche sans sortir la tête de l’eau et je les vois nager lentement en bande, suivis par les nageurs. Je respire et rebaisse la tête vers le sol. Quelques minutes après, je les vois passer exactement sous moi, lentement, à quelques centimètres en dessous de moi. Puis ils passent devant moi, je vois leurs nageoires caudales battre lentement les flots sous le soleil. C’est d’une très grande beauté. Je les suis, essayant de ne pas faire la brasse mais avec les mains dans le dos. Puis leur rythme s’accélère un peu, j’étale mes bras pour avancer plus vite puis les vois disparaître au loin. Je continue alors ma balade aquatique seul.

 

Que pourraient-ils dire ?

Peut-être qu’ils diraient ceci :

« Ne soyez pas avides. Pourquoi brasser l’eau avec autant de frénésie ? Vous dérangez les flots, la vie, et vous-mêmes. Laissez-nous la place et le temps de venir vous voir. Si vous êtes en paix et si vous n’attendez rien, nous venons vers vous pour un simple partage. C’est un partage et rien d’autre. Vous pouvez avoir ça avec vos congénères…

Nous vous montrons le chemin, nous ne sommes pas un objectif à atteindre. Nous nous déplaçons tous ensemble comme un seul esprit dans une multitude de corps. Et chacun est libre. Vous pouvez aussi faire cela avec vos congénères.

 

Certains d’entre vous bousculent les autres nageurs pour une seconde passée près de nous. Mais dans quel but ?

Après quoi courez-vous ? Est-ce que vous trouverez le bonheur au prix d’une course effrénée – et quel genre de bonheur ? Ou est-ce qu’en vous laissant porter par les flots de la vie, en vous faisant du bien, en savourant ces instants et rien d’autre, en vous honorant vous-mêmes… »

 

Nous ne les avons plus revus de tout le séjour… et après la dernière sortie en mer, ils se sont manifestés alors que pour nous c’était terminé. Le moniteur les voit apparaître près du bateau de croisière, et s’active pour nous faire redescendre dans le zodiac. Quelques minutes après, ils ont pris un peu le large mais nous nous retrouvons au milieu d’eux. Ils sont peut-être une quinzaine, font des rondes, des sauts entre les vagues, trois par trois, autour de nous sur fond de coucher de soleil. Est-ce qu’ils nous ont dit « au revoir » ? Cela y ressemble tellement.

 

 

Très beau mois d'août à vous :) 

 

Angelo